Programmation
Les Samedis Musicaux chez Jean Cocteau
À 18 heures. Jardin de la Maison
En 2025, du 28 juin au 13 septembre, la Maison Jean Cocteau accueille un nouveau cycle de concerts qui illustre la passion que le poète avait pour la musique et les différents univers sonores qui ont jalonné sa vie.
D’une durée d’une heure environ, chaque concert propose un mélange d’œuvres originales ou de transcriptions, pour des formations vocales et instrumentales diverses, du piano au basson : tous les sons seront à l’honneur. À chaque concert, dans l’esprit des salons de musique, les musiciens parleront des œuvres interprétées.
Cette série de concerts prend place dans le cadre magique du jardin de la Maison de Jean Cocteau. Entre les murs de la Maison et de sa dépendance, cernés par la verdure et les fleurs, les amateurs des musiques du XX° siècle sauront goûter au charme de ces concerts inédits, lorsque la chaleur de l’été commence à tomber. Tous les musiciens qui participent à ces concerts, choisis par le compositeur Marc-Olivier Dupin, interprètent des œuvres qu’ils aiment et qu’ils souhaitent faire partager aux amis de Jean Cocteau.
Les compositeurs contemporains du poète, de sa jeunesse comme de sa maturité, dont certains étaient ses amis, seront joués à Milly. Ainsi, de Reynaldo Hahn à Django Reinhardt, de Francis Poulenc à György Ligeti, il y en aura pour tous les goûts.
Cette année, les Samedis musicaux chez Jean Cocteau accueillent Le Voyage de Babar, avec un récitant et un musicien. Je souhaite que tous les jeunes qui participeront cette année à l’opération Partir en livre, puissent y être présents.
Benoît Solès
Président du GIP
LA JEUNESSE DE COCTEAU
→ Le samedi 28 juin 2025 | 18h
Quelques-unes des sublimes musiques qui ont baigné l’enfance du poète
Duo Piano & Violoncelle
Pauline Bartissol, violoncelle
Laurent Wagschal, piano
Passionnés de musique de chambre, la violoncelliste Pauline Bartissol et le pianiste Laurent Wagschal jouent régulièrement en duo depuis 2016. Réunissant à leurs côtés différents chambristes curieux des répertoires rares, ils entreprennent en 2020 l’intégrale de la musique de chambre de Camille Saint-Saëns. Ils ont créé l’ensemble le Déluge.
À l’occasion du centenaire de la mort du compositeur en 2021, l’enregistrement pour le label ad Vitam Records a reçu un accueil chaleureux de la presse.
Leur discographie comprend également un enregistrement de la musique de chambre de Louis Vierne, paru en 2023 pour le label Calliope, et en 2024, pour le label Indésens, l'enregistrement de trois intégrales consacrées à ce compositeur.
Programme :
- Guy Ropartz, 2ème sonate pour violoncelle et piano
- Gabriel Fauré, Trois pièces pour violoncelle et piano
- Reynaldo Hahn, Trois pièces pour piano extraites du recueil Le Rossignol éperdu.
- Louis Vierne, extrait de la Sonate pour violoncelle et piano
- Claude Debussy, Sonate
PROMENADE AVEC DJANGO
→ Le samedi 5 juillet 2025 | 18h
Jazz. Cocteau dans son jardin, ayant en tête un thème de Django Reinhardt ou une chanson française de l’époque
Trio Saxophone, Guitare & Contrebasse :
François Jeanneau, saxophone
Saxophoniste, flûtiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, pédagogue, soundpainter, François Jeanneau mène une carrière internationale de musicien de jazz. Premier directeur musical de l’Orchestre National de Jazz en 1986 puis directeur de l’Orchestre National de Jazz des Jeunes en 2019, il a obtenu le Grand prix de la SACEM 2003, Prix Boris Vian.
Jean-Baptiste Laya, guitare
Jean-Baptiste Laya étudie le cor d’harmonie au conservatoire puis s’oriente vers la guitare. Sa rencontre avec le guitariste Angelo Debarre est l’occasion de s’ouvrir au jazz manouche : il travaille avec Marcel Azzola et Christian Escoudé. Il a eu l’occasion de collaborer épisodiquement avec d’innombrables géants du jazz. Polyvalent, il œuvre aussi en tant que réalisateur-arrangeur et pédagogue.
Arnault Cuisinier, contrebasse
Titulaire du Diplôme d’Etat de contrebasse, Arnaud Cuisinier crée le quartet ANIMA sur le Label La Borie jazz, puis rejoint en 2020 le nouveau trio du batteur Edward Perraud, avec Bruno Angelini au piano. Grand Prix de l’Académie Charles Cros 2022. Il enseigne le jazz au CRR d’Aubervilliers.
Programme :
Sifflez, huez, un jour viendra où vous acclamerez le jazz, car il deviendra la musique de chambre de notre époque, s’écrie Jean Cocteau à la Salle des Agriculteurs le 6 décembre 1921, lors du premier des « concerts-salade » de Jean Wiener. De toute son existence, Cocteau a été défenseur et « influenceur » de la musique de jazz, se risquant même à jouer de la batterie.
On peut l’imaginer se promenant dans les allées de son jardin, sifflotant quelque thème de son ami Django Reinhardt, Les Yeux Noirs, Belleville, Manoir de mes Rêves… ou bien chantonnant quelque refrain de chanson en vogue, C’était Bien, La Fête au Village, Puisque Vous Partez en Voyage…
La tentation était grande de faire revivre ces promenades jardinières, en donnant à entendre ce que Jean Cocteau devait avoir en tête lors de ses déambulations.
Nous vous souhaitons une évocatrice et belle promenade.
LE VOYAGE DE BABAR de Francis Poulenc
→ Le samedi 12 juillet 2025 | 18h
Des histoires et des musiques qui s’adressent aux enfants et aux adultes qui le sont restés.
Duo Lectures & Piano
Benoît Marchand, comédien
Après sa formation à l’école Pierre Debauche puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, il joue pour le théâtre classique et contemporain avec Georges Lavaudant, Didier Bezace, Robert Cantarella, Jean Boillot... Depuis quelques années il s’investit dans les formes musicales et poursuit un compagnonnage avec Marc-Olivier Dupin sur des projets dont il est récitant : le Petit Prince, Le chat du Rabbin, Le livre de la Jungle...
Violaine Debever, piano
Violaine Debever a su conquérir le public par sa musicalité et son aisance dans tous les répertoires. Après des études au CNSMD de Paris dans la classe de Nicholas Angelich, elle obtient son master de piano en 2010, puis se spécialise en musique contemporaine. Elle est lauréate de la fondation Bleustein-Blanchet et forme actuellement un duo avec le pianiste Julien Guénebaut. Elle enseigne depuis plusieurs années au Conservatoire d’Aulnay-sous-Bois et au Pôle sup’93.
Programme :
- L’Histoire de Babar de Francis Poulenc sur un texte de de Jean de Brunhoff
- Ma mère l’Oye de Maurice Ravel
MELANGES
→ Le samedi 23 août 2025 | 18h
Un ébouriffant bouquet qui tourne autour du Groupe des Six
Duo clarinette et accordéon
Florent Héau, clarinette
Florent Héau est professeur de clarinette en Suisse et au CRR de Paris. Formé au CNSM de Paris. Il a obtenu plusieurs Premiers Prix dans des concours internationaux. Il a participé à la création d’œuvres nouvelles de Escaich, Beffa, Bacri, Canat de Chizy, et donne régulièrement des master classes dans le monde entier.
Théo Ould, accordéon
Le Marseillais Théo Ould, âgé de 25 ans intègre le CNSM de Paris à l'âge de 16 ans. Lauréat de plusieurs prix, il s'illustre comme soliste et chambriste, toujours à la recherche de nouveaux répertoires pour son instrument, ou en s'associant à d'autres instrumentistes. Il est pour constituer les formations souvent inédites. Il a été nommé aux Victoires de la musique classique 2023.
Programme :
- Erik Satie Morceaux en forme de poire (instrumentation Marc-Olivier Dupin)
- Francis Poulenc, Les Chemins de l’amour, Hôtel, Je ne veux pas travailler, La foule
- Erik Satie, Je te veux
- Bohuslav Martinu, Sonate
- Germaine Tailleferre, Arabesque
- Darius Milhaud, Brazilian
SONATES VIOLON ET PIANO
→ Le samedi 30 août 2025 | 18h
Des chefs d’œuvre de compositeurs chers à Jean Cocteau.
Duo Violon & Piano
Elsa Grether, violon
Elsa Grether fait partie de nos grandes violonistes et il serait temps que tous les organisateurs de concert en prennent pleinement conscience.
Reconnue en France comme à l’international, la violoniste est l’invitée régulière de salles et festivals prestigieux. En soliste avec orchestre, elle a interprété les grands concertos du répertoire, et a donné des récitals en France et à travers l’Europe. Elle est lauréate du Prix International Pro Musicis 2009. Premier Prix du jury au CRR de Paris le jour de ses quinze ans, elle a été l’élève de maîtres prestigieux.
David Lively, piano
David Lively Pianiste franco-américain, David Lively est lauréat de grands concours internationaux. Il se produit en soliste avec de nombreux orchestres sous la baguette de chefs éminents. Son répertoire comprend des œuvres monumentales et rarement jouées, mais il est aussi un ardent défenseur de la musique d’aujourd’hui, et un passionné de musique française du tournant du XIXème siècle. Il est membre de l’Académie de musique française de l’Ecole normale.
Programme :
- Francis Poulenc Sonate
- Germaine Tailleferre Berceuse
- Maurice Ravel Sonate
- Reynaldo Hahn A Chloris
- Igor Stravinsky Suite Italienne
TRIO D’ANCHES
→ Le samedi 6 septembre 2025 | 18h
Une formation instrumentale originale, à la mode du Groupe des Six.
Solistes de l’Orchestre national d’Île-de-France
Vincent Michel, clarinette
Né en 1987, Vincent Michel débute la clarinette en Bretagne. Il entre en 2008 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Pascal Moraguès, puis intègre en 2011 l’Orchestre de la Garde Républicaine. Il est sollicité pour jouer au sein de différents orchestres et occupe, depuis 2014, le poste de petite clarinette solo au sein de l’Orchestre National d’Ile de France.
Paul-Edouard Hindley, hautbois
Après ses études au CNSMD de Paris, il est nommé hautbois solo de l'Orchestre des Lauréats du Conservatoire en 2011. Il découvre le répertoire contemporain à l'Académie du Festival de Lucerne puis avec l'Ensemble intercontemporain sous la direction de Pierre Boulez et Susanna Mälkki. Depuis sa fondation en 2019, il est membre de l'ensemble La Fresque et promeut le répertoire de musique de chambre pour instruments à vent.
Lucas Gioanni, basson
En parallèle de son cursus musical, Lucas Gioanni a intégré une école d’infirmier puis entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Passionné par l’orchestre, il joue au sein d’orchestres renommés puis se produit en soliste accompagné de l’Orchestre de l’opéra de Toulon et est sélectionné au concours du Spring festival de Prague. En 2023, il intègre l’Orchestre national d’Île-de-France en tant que premier basson solo.
Programme :
- Georges Auric, Trio
- Darius Milhaud, Suite d’après Corette
- Louis Durey, Divertissement
- Henri Tomasi, Concert champêtre
- Reynaldo Hahn, Eglogue
- Jacques Ibert, Cinq pièces en trio
CONTRASTES
→ Le mardi 30 septembre 2025 | 18h
Dialogue d’œuvres de deux compositeurs proches de Jean Cocteau – Francis Poulenc et Clément Doucet, agrémentés d’une improvisation d’Orlando Bass, sur des Aphorismes du poète. Et en forme de péroraison, un extrait du Grand Macabre de György Ligeti.
Duo soprano et piano
Clara Barbier, soprano
Née à Montpellier, Clara Barbier joue du violon, chante en maîtrise et s’intéresse aux langues et à la formation musicale avant de se spécialiser dans le chant. Jeune Talent de l’académie Jaroussky, elle est entre autres diplômée de l’opéra studio du Royal College of Music à Londres. Ses rôles d’opéra l’ont conduite en France et en Europe. Boursière de la Andrea Bocelli Foundation, elle a partagé la scène avec Andrea Bocelli en Italie et à l’international. Les projets interdisciplinaires et de musique contemporaine forment une partie importante de son activité.
Orlando Bass, piano
Pianiste, claveciniste et compositeur français d'origine britannique né en 1994, Orlando Bass a étudié au CNSM de Paris. Le répertoire moderne et contemporain qu'il interprète fréquemment en tant que soliste et chambriste lui tient particulièrement à cœur, ce qui le conduit à la création de nouvelles œuvres, sans négliger le répertoire plus classique, s'efforçant toujours de mettre en relation d'une manière ou d'une autre le présent avec le passé.
Programme :
- Clément Doucet, Isoldina
- Francis Poulenc, mélodies Les Fiançailles pour rire sur des poèmes de Louise de Vilmorin, La Dame d'André, Dans l'herbe, Il vole, Mon cadavre est doux comme un gant, Violon, Fleurs
- Improvisations sur des textes de Jean Cocteau
- Clément Doucet, Chopinata
- Francis Poulenc, mélodies Cocardes sur des poèmes de Jean Cocteau, Miel de Narbonne, Bonne d'enfant, Enfant de troupe
- Orlando Bass, Aphorismes sur des phrases de Jean Cocteau (création)
- Francis Poulenc, La Dame de Monte-Carlo - Monologue sur un texte de Jean Cocteau
- György Ligeti, Mystères du Macabre
Art contemporain
Installation des œuvres de Michel Charpentier dans le jardin de la Maison Jean Cocteau
→ Du jeudi 17 avril 2025 au vendredi 1 janvier 2055
À partir du 3 mai 2025, deux sculptures de Michel Charpentier (1927-2023), issues de la collection du FRAC (Fonds régional d’art contemporain) d’Ile-de-France, seront présentées dans le jardin de la Maison Jean Cocteau de Milly-la-Forêt.
En écho à l’exposition proposée par le FRAC, Berserk et Pyrrhia, sur les liens entre art contemporain et art médiéval, qui sera présentée dans les deux lieux du FRAC et dans douze lieux hors les murs, la Maison Jean Cocteau installe les deux Vierges d’Ile-de-France, œuvres de Michel Charpentier, dans le jardin face à l’entrée.
À première vue, ces deux Vierges à l’enfant peuvent étonner par leur allure grotesque et quelque peu décrépie. Pour Michel Charpentier, adepte de ces sculptures de plein air en ciment gris, grandeur nature, elles sont le reflet d’une humanité souffrante, comme le sont ses Cantatrices à la bouche grande ouverte. En référence aux statues des cathédrales d’Ile-de-France, ces Vierges à l’enfant - sud et nord, comme si elles avaient été placées devant chacun des portails des églises- font partie de l’histoire de la Région, une histoire que le sculpteur teinte d’humour et de dérision. Elles auront pour toile de fond les murs du vieux château qui jouxte le jardin, faisant ainsi le lien entre les statues des cathédrales et l’origine médiévale du château. Mais ce Moyen-Âge est bel et bien réinventé. Charpentier et Cocteau se connaissaient : c’est à Rome, alors que Michel Charpentier était pensionnaire de la Villa Médicis, que Jean Cocteau remarqua ses sculptures si étranges. « C’est formidable ! Il faut aider ce jeune homme ! » dit le poète, touché par cette vision d’une humanité souffrante, imprégnée de sacré. Une vision qui, indubitablement, les rapproche.
Biographie de Michel CHARPENTIER (6 septembre 1927 à Auvers sur Oise - 2 juillet 2023 à Cavaillon).
Premier grand prix de Rome en médaille
Pensionnaire de l'académie de France, Villa Médicis de 1951 à 1955. C’est à Rome qu’il rencontre Jean Cocteau
Prix Malraux de la biennale de Paris 1963
Exposition au musée d'art moderne de Paris en 1965
À partir de 1967, membre du comité directeur du Salon de Mai
Professeur, chef d'atelier de sculpture à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, de 1973 à 1991
Exposition rétrospective en 1991 à l'Ecole des Beaux-Arts
Aménagement de son Bois de sculptures, un espace paysager et jardin initiatique, à Vallangoujard, dans le Val d'Oise, de 1994 à 2002
Grand prix Simone et Cino Del Duca, en 2007
Ouverture au public en 2019 du Jardin de sculptures Michel CHARPENTIER, une installation pérenne de 25 œuvres, à Valmondois, Val d'Oise
Ouverture au public en 2022 de l'Espace Michel CHARPENTIER, une installation pérenne d'une vingtaine d'œuvres, en plein air, au chevet de l'abbatiale Saint-Yved, à Braine, Aisne.
Naître à Auvers sur Oise doit vraisemblablement constituer ce que l’on appelle des auspices favorables. Mais beaucoup de personnes sont nées à Auvers-sur-Oise sans devenir artiste peintre ou sculpteur. Avoir un grand-père qui a rencontré Van Gogh peut être considéré comme un signe supérieur du destin. Mais, là encore, tous ceux dont le grand-père a connu Van Gogh ne sont pas devenus nécessairement peintres ou sculpteurs. Il faut donc envisager que Michel Charpentier, qui répond aux deux critères précédents, ait d’autres bonnes raisons qui l’ont poussé à devenir sculpteur.
L’homme parle de son travail avec une grande simplicité, avec une sorte d’étonnement permanent face à ce mystère.
« Qu’est-ce que c’est au fond la sculpture ? c’est du rêve à l’état solide ! » confie-t-il en souriant. Pour lui, la sculpture, c’est ce que l’on ne peut pas dire ou écrire, c’est finalement assez secret. Michel Charpentier, à la manière d’un acteur, pense qu’il doit « entrer dans la peau du personnage. » Cette peau prend une importance décisive dans ses sculptures. Peaux plissées, gonflées, tordues, formes déformées, participent à une vision grotesque mais non dénuée d’humanité.
Sa technique de ciment travaillé sur une armature métallique offre un champ de travail souple, vivant dont l’humour n’est pas absent. Il suffit de voir ses cantatrices pour s’en convaincre immédiatement. Michel Charpentier nous propose une humanité qui balance entre tragédie et comédie, et le discours qu’il tient m’apparaît comme plus indulgent que l’image qu’il nous renvoie de ce monde.